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Balades et bonnes adresses autour de Fontainebleau

Le réseau historique de Fontainebleau

Sentiers bleus Denecourt-Colinet : choisir son parcours

Les sentiers bleus ne cherchent pas le chemin le plus court. Ils relient rochers, grottes, arbres et points de vue dans un réseau passionnant qu'il faut choisir numéro par numéro.

Détail sculpté par l’érosion dans un rocher des Gorges de Franchard
Le grès singulier des Gorges de Franchard. Photo : Rémih, Wikimedia Commons, CC BY-SA 4.0.

Un itinéraire qui raconte le paysage

Un sentier bleu de Fontainebleau n’est pas seulement une ligne pratique entre deux points. Il se glisse sous un bloc, contourne une mare, rejoint un arbre singulier, monte vers un belvédère puis repart parfois dans la direction que l’on n’aurait jamais choisie spontanément. Ce détour fait partie de l’expérience.

Claude-François Denecourt a tracé ses premiers sentiers en 1842. L’arrivée du chemin de fer en 1849 a ouvert la forêt à un public parisien plus large. Denecourt nommait rochers, fontaines et grottes, aménageait certains passages et publiait des guides pour conduire les visiteurs de curiosité en curiosité. Charles Colinet a poursuivi ce travail après lui. Leur nom commun désigne aujourd’hui un patrimoine vivant, toujours entretenu plutôt qu’un décor figé du XIXe siècle.

Les Amis de la Forêt de Fontainebleau annoncent environ 220 km de sentiers bleus répartis sur 24 itinéraires. Ils sont généralement prévus pour deux à quatre heures, mais ce créneau ne mesure pas toute la difficulté. Sur le sable, dans un chaos rocheux ou avec de nombreux arrêts, une distance modeste peut remplir l’après-midi.

Choisir d’abord une zone, puis un numéro

Le réseau couvre plusieurs forêts et des paysages très différents. La liste actuelle des sentiers bleus permet de les regrouper sans prétendre qu’ils sont tous interchangeables.

Près de Fontainebleau et d’Avon, les n° 1 Mont Ussy, n° 2 Croix du Calvaire et Tour Denecourt, n° 10 Rocher d’Avon et n° 13 Tour Denecourt et Corniche de la Seine sont les noms à comparer. La proximité d’une gare sur une carte ne garantit pourtant pas que toute la boucle soit courte. Ouvrez la fiche du numéro choisi et calculez l’approche, la boucle et le retour au quai.

Au nord et vers Bois-le-Roi, regardez les n° 3 Rocher Cassepot, n° 4 Rocher Saint-Germain, n° 5 Mont Pierreux et Cuvier Châtillon, les branches est et ouest du n° 12 autour du Mont des Truies, des Monts de Faÿ et de Rocher Canon, ainsi que le n° 14 Croix de Toulouse. Dans ce réseau dense, deux sentiers peuvent se croiser sans former une combinaison judicieuse.

À l’ouest, les deux parties du n° 6 explorent Apremont, le n° 7 Franchard et le Houx, le n° 8 Long Boyau et Mont Aigu, les deux parties du n° 9 Bouligny, Demoiselles et Mont Morillon, puis le n° 16 les Belvédères. Le n° 20 se situe vers Recloses. Ces noms couvrent de grands secteurs : choisissez un départ publié, pas seulement le nom qui vous plaît.

Au sud et à l’est, le n° 11 dessert le Restant du Long Rocher et les Étroitures, le n° 17 les Rochers des Princes, la Malmontagne et le Haut-Mont, le n° 18 fait le tour de Thomery et le n° 19 celui du golfe de Larchant. Le n° 15 concerne les Ecouettes. Les transports et l’heure de retour pèsent ici davantage qu’un choix fait depuis le centre de Fontainebleau.

Trois bonnes portes d’entrée pour comprendre le réseau

Pour découvrir l’esprit des sentiers sans improviser une grande boucle, la balade du Cabaret Masson emprunte une partie du n° 4 sur 2,6 km. Sa fiche pédagogique nomme six haltes, explique les lettres bleues et indique précisément où quitter le bleu pour rentrer. C’est une excellente leçon de lecture, à condition que le secteur soit ouvert le jour choisi.

Au Rocher Cassepot, le grand sentier bleu n° 3 et une promenade jaune plus courte partagent brièvement le terrain. Cette proximité montre qu’un secteur peut proposer deux ambitions différentes. La boucle jaune publiée convient à une découverte ciblée ; le n° 3 demande sa propre carte.

Dans la forêt de la Commanderie, le n° 19 forme le tour du golfe de Larchant. L’association locale le décrit comme une boucle d’environ 13 km, avec Dame Jouanne, Bois d’Hyver, l’Éléphant et plusieurs plateaux rocheux. Il s’agit d’une journée bien différente des deux exemples précédents.

Lire boucle, liaison et raccourci

Le numéro reste votre fil conducteur. Une balise bleue pleine avec ce numéro appartient à la boucle ou à ses propres variantes. Un point blanc au centre du bleu indique une liaison vers un autre circuit. Des notations telles que 2-3, 6/7 ou 8-8 signifient respectivement une liaison entre deux sentiers, un passage commun et un raccourci interne.

Cette grammaire évite le piège du « tout est bleu, donc tout revient au même endroit ». À chaque séparation, ralentissez et cherchez le petit numéro. Notre guide pour comprendre le balisage montre aussi comment distinguer une flèche d’escalade, un rond d’arbre remarquable et une vraie marque pédestre.

Les lettres et symboles peints près de certaines curiosités appartiennent au récit du parcours. Le guide AFF donne leur nom et leur histoire. Sans ce texte, une lettre seule confirme que vous êtes près d’un repère, mais ne vous dit pas forcément quelle branche prendre ensuite.

Le guide papier reste étonnamment moderne

La neuvième édition du guide des AFF décrit les parcours, leurs curiosités et le milieu forestier. Les cartes détachables ont été remplacées par des QR codes permettant de télécharger et imprimer le parcours choisi. Cette formule répond bien aux besoins du terrain : une carte A4 pour le groupe, une copie hors ligne sur le téléphone et le livre pour comprendre les noms.

Ne photographiez pas seulement la carte. Gardez aussi la page qui explique les embranchements et repérez avant le départ le raccourci que vous accepteriez de prendre. Décider d’un plan B au calme est plus facile que devant trois traits bleus, alors que la lumière baisse.

Vérifier l’état réel du numéro

Le réseau évolue. L’érosion fragilise les passages sableux et les petits ouvrages anciens. Une tempête, un chantier ou un incendie peut fermer un tronçon et rendre une liaison inutilisable. Au 4 septembre 2026, la page des AFF signale notamment des secteurs impraticables sur les n° 7, 8 et 16 après les incendies de juillet, ainsi que la liaison 7E-8. Cette liste changera.

Le matin du départ, consultez la page d’état des AFF puis la carte ONF des accès. Un panneau ou une barrière sur place l’emporte toujours sur le guide. Ne contournez pas une fermeture pour « reprendre le bleu » plus loin.

Marcher comme le sentier a été conçu

Les lacets et passages aménagés protègent souvent un sol qui s’érode vite. Un raccourci visible dans le sable n’est pas nécessairement une variante officielle. Restez sur le tracé, laissez les mousses et gravures intactes, et ne déplacez pas les pierres d’un ancien passage.

Surtout, accordez du temps aux détails. Les sentiers Denecourt-Colinet ont été conçus pour regarder. Un nom peint, une vue encadrée entre deux rochers ou un vieux muret ne sont pas des obstacles entre le départ et l’arrivée. Ils sont la raison pour laquelle le chemin passe ici.