Cabaret Masson
Balade au Cabaret Masson près de Fontainebleau
Le Cabaret Masson est un nom discret sur la carte. C'est justement ce qui rend ce secteur agréable à découvrir avec un itinéraire récent et un peu de temps.

LIEUX ET REPÈRES
Situer le lieu
Parking du Cabaret Masson
FontainebleauFrance
Départ indiqué sur la fiche 2024 des Amis de la Forêt de Fontainebleau, le long de la D606.
Une vraie promenade derrière un nom curieux
Le Cabaret Masson n’est ni une salle de spectacle ni une auberge cachée sous les pins. C’est le nom d’un départ forestier, au bord de la D606, dans le Rocher Saint-Germain et à proximité de l’hippodrome de la Solle. La fiche publiée en 2024 par les Amis de la Forêt de Fontainebleau apporte même l’explication : une buvette s’installait ici lors de manœuvres militaires, et son souvenir est resté attaché au lieu.
Cette petite boucle convient bien à une première découverte du massif. Elle ne cherche pas les grands panoramas. Elle avance entre sable, blocs de grès, arbres remarquables et clairière, avec six haltes qui donnent une bonne raison de ralentir. La fiche a été pensée pour des groupes d’enfants, mais elle fonctionne tout aussi bien pour des adultes curieux de comprendre ce qu’ils voient.
Quel point utiliser pour le départ
Une carte générale du nord du massif place encore une épingle à 48.440835, 2.689291. On y repère le Cabaret Masson entre le Rocher Saint-Germain, la Route de Luxembourg, le Rocher Cassepot et l’hippodrome. Plusieurs itinéraires se croisent dans ce secteur : sentiers bleus n° 4 et n° 12, GR 1 et Tour du Massif de Fontainebleau.
Cette vue aide à situer les lieux, mais elle n’est pas le pas-à-pas de la boucle. La fiche AFF de 2024 place le départ à 48.44036, 2.68975, juste à côté. Utilisez ce point plus récent. Autre source possible de confusion : l’aperçu général donne quatre heures pour parcourir tout le sentier bleu n° 4, alors que la promenade du Cabaret Masson n’en emprunte qu’une partie.
La boucle actuelle en bref
- Distance : 2,6 km.
- Temps indiqué : environ 2 h, pauses comprises.
- Départ : parking du Cabaret Masson, le long de la D606.
- Premier repère : à la barrière, suivre la branche la plus au sud du sentier bleu n° 4.
- Document à emporter : la fiche AFF, enregistrée sur le téléphone ou imprimée.
Deux heures pour 2,6 km peuvent sembler généreuses. Le rythme s’explique par les arrêts d’observation, les passages rocheux et la navigation. Une sortie avec des enfants prend aussi le temps d’attendre le groupe. Ne transformez donc pas cette durée en objectif à battre.
Les repères à suivre dans l’ordre
Depuis la barrière, le trait bleu conduit d’abord vers un chêne remarquable signalé par un rond bleu. Le second arrêt montre des aménagements contre l’érosion. À cet endroit, la fiche demande de longer la grande clairière qui reste à gauche et de ne pas prendre la branche de droite.
Le parcours rejoint ensuite le Cyclope, un bloc marqué d’une étoile bleue. Plus loin, la lettre bleue Q signale le passage appelé Défilé des cinq caveaux, aménagé autrefois par des carriers pour Claude-François Denecourt. Ces lettres, chiffres et étoiles appartiennent à l’histoire des sentiers bleus. Elles ne doivent pas être confondues avec les petites flèches et les numéros colorés des circuits d’escalade.
Après la halte consacrée aux mousses et aux lichens vient la bifurcation la plus importante. Le tracé quitte alors le sentier bleu, passe dans la grotte de Robert le Diable, marquée de la lettre P, puis prend à gauche la Route Haüy. Au carrefour suivant, il tourne aussitôt à gauche sur la Route de Luxembourg. Une dernière halte autour du bois mort précède le retour vers le Cabaret Masson et sa grande clairière.
Ce que racontent les six haltes
Le premier chêne n’est pas seulement un arbre facile à reconnaître. La fiche lui donne une circonférence de 4,25 m et explique que son rond bleu signale un arbre remarquable choisi par les AFF avec l’ONF. Quelques marques semblables ont été ajoutées ailleurs sans autorisation. Si plusieurs ronds vous semblent mener dans des directions différentes, revenez au tracé de la fiche au lieu de partir à la recherche d’un autre arbre.
Au deuxième arrêt, regardez le sol autant que les troncs. Des marches en bois canalisent les pas, tandis que certaines petites zones sont laissées tranquilles pour que la végétation revienne. Sur le bord d’une platière, un raccourci répété suffit à mettre les racines à nu et à faire descendre le sable. Utiliser les marches fait donc partie de la promenade, ce n’est pas un détour inutile.
Le Cyclope donne ensuite une leçon de géologie grandeur nature. Le sable du massif a été déposé lorsqu’une mer couvrait encore le Bassin parisien, il y a environ 37 millions d’années. Dans certaines couches, la silice a cimenté ce sable en bancs de grès. L’érosion a dégagé les plateaux, puis leurs bords se sont fragmentés en blocs. La forme du Cyclope devient plus facile à lire lorsqu’on la replace dans ce lent démantèlement.
La lettre Q raconte une histoire plus humaine. Claude-François Denecourt a commencé à tracer ses sentiers bleus en 1842, en reliant des rochers, grottes et points de vue auxquels il donnait des noms. Le Défilé des cinq caveaux est en partie un passage aménagé par des carriers qu’il avait payés. Ce détail permet de ne pas prendre chaque couloir rocheux pour une formation entièrement naturelle.
Près de la cinquième halte, les couleurs sont plus discrètes. La fiche AFF indiquait 675 espèces de lichens recensées dans la forêt en 2023. Il n’est pas nécessaire de savoir les nommer pour voir la différence entre une croûte collée au grès, un thalle qui ressemble à une feuille et les coussins de mousse. Sous certains surplombs secs, de petits entonnoirs dans le sable peuvent être les pièges de larves de fourmilions. Observez-les sans y mettre un doigt ou un bâton.
La grotte de Robert le Diable fait le lien entre ces haltes naturelles et la mémoire du sentier. La fiche situe dans ce passage une image de la Vierge peinte sur la roche en 1880 et entretenue depuis. Juste après, la sortie vers les Routes Haüy et de Luxembourg demande davantage d’attention que la grotte elle-même.
Enfin, le bois mort montre une pourriture brune qui décompose peu à peu la cellulose. Les petits trous peuvent venir d’insectes, les plus gros d’un oiseau venu les chercher. Puis la grande clairière change encore d’ambiance. La fiche rappelle que les milieux ouverts occupent une petite part de la forêt et peuvent accueillir, selon la saison, engoulevents, alouettes lulu, insectes et chauves-souris. Il s’agit de possibilités, pas d’une liste d’animaux garantie à chaque tour.
Une forêt à hauteur d’enfant
Les passages sous roche rendent la boucle amusante, surtout pour les enfants habitués à marcher sur un sol irrégulier. Court ne veut pourtant pas dire lisse. Le sable ralentit, les racines accrochent les pieds et les rochers peuvent être glissants. Des chaussures qui tiennent bien, de l’eau et une petite couche supplémentaire sont plus utiles qu’un programme chargé.
La promenade croise des blocs utilisés pour l’escalade, dont un circuit blanc destiné aux enfants. Il s’agit d’une activité différente, avec son propre topo et un encadrement adapté. N’interprétez pas une flèche d’escalade comme une indication de marche. Par temps humide, regardez les rochers sans les grimper afin de laisser le grès sécher.
Les six arrêts racontent aussi le paysage. Les sols dénudés montrent comment les passages répétés renforcent l’érosion. Mousses et lichens colonisent les blocs. Un arbre mort nourrit champignons, insectes et oiseaux, tandis que la clairière accueille des espèces qui ont besoin de lumière. Restez sur le passage existant : observer de près ne demande ni de soulever le bois mort ni de cueillir.
Arriver et repartir sans mauvaise surprise
La fiche AFF indique que le parking de la D606 permet l’accès d’un autocar et un demi-tour. Cela ne remplace pas une vérification le jour même. Une barrière, un chantier forestier ou une fermeture de sécurité prime toujours sur une fiche enregistrée. Ne stationnez jamais devant un accès de secours.
Sans voiture, préparez le dernier tronçon avant de partir. La fiche commence au parking routier et ne décrit pas une liaison depuis une gare. Cherchez l’aller et le retour pour la date choisie sur Île-de-France Mobilités et gardez une marge pour rejoindre votre correspondance.
Vérifications le matin de la balade
Après les incendies de juillet 2026, l’ONF actualise régulièrement sa carte des secteurs accessibles et interdits. Certaines déviations peuvent ne pas encore apparaître sur un ancien fond de carte. Si un panneau ferme le sentier, changez de promenade. Après un incendie ou par grand vent, un arbre fragilisé peut tomber sans signe évident.
En automne et en hiver, consultez également le calendrier de chasse de la forêt domaniale de Fontainebleau et lisez les panneaux posés sur place. En été, renoncez à la sortie si l’accès est limité pour risque d’incendie. Ces contrôles prennent deux minutes et évitent un demi-tour tardif.
Que garder pour une autre fois
Le Rocher Cassepot apparaît tout près sur la carte, mais les carrefours forestiers rendent les raccords improvisés trompeurs. Faites d’abord cette boucle telle qu’elle est décrite. Pour une prochaine sortie, notre balade autour du Rocher Cassepot offre un autre point de vue sur le même grand secteur. Une courte promenade bien comprise laisse souvent un meilleur souvenir qu’une longue journée passée à chercher le bon chemin.